A 15h00
Entrée libre pour l'installation
Se faisant guide de sa propre exposition, Walid Raad est de retour au Festival d’Automne et nous promène de Beyrouth à Tunis et des montagnes libanaises à Ljubljana. Entre cratères de missiles et trous de mémoire, on abandonne peu à peu la tentation de distinguer ce qui est créé de ce qui est trouvé, pour s’intéresser à ce que l’art et l’histoire font aux images.
Walid Raad nous invite à déambuler parmi un ensemble d’oeuvres récentes tirées de ses trois projets au long cours présentés entre autres au Festival d’Automne : The Atlas Group, autour des guerres modernes du Liban ; Sweet Talk, sur la reconstruction de Beyrouth après 1990 ; et Scratching on Things I could Disavow, sur l’histoire de l’art dans le monde arabe. Les visiteur·euses font l’expérience d’une double médiation : esthétique d’une part, opérée par les oeuvres et le traitement formel que Walid Raad fait subir aux documents collectés au cours de ses recherches ; narrative d’autre part, la visite guidée tissant dans un récit plein de surprises et de digressions les fils qui relient des oeuvres en apparence disparates. L’ensemble part d’un noeud historique qui ressemble étrangement à notre présent—les années 1982-1983 avec l’occupation du Liban, les massacres de Sabra et Chatila et l’expulsion de l’Organisation de Libération de la Palestine vers Tunis—et en déploie les diffractions dans le temps et l’espace. Quel est le lien entre la coccinelle Volkswagen, le porte-avions USS New Jersey, les lits de Yasser Arafat, les mafias immobilières, le magazine Playgirl et les réserves du musée de Ljubljana ? Au-delà de la réponse à cette question, Festival of (in)gratitude offre une réflexion profonde sur l’art et l’histoire, l’émotion et la mémoire, la culpabilité et les vampires.
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