Ils seront présents :
Le projet collectif Le Mahomet des historiens (Cerf, 2025), codirigé par Mohammad Ali Amir-Moezzi, spécialiste de l'Islam chiite et des débuts de l'islam, avec John Tolan, spécialiste des relations entre l'islam et l'Europe, vient s'affronter à ce paradoxe. Ce projet monumental, qui réunit une cinquantaine de spécialistes internationaux, n'a pas pour but de fournir une énième biographie, ambition jugée vaine et impossible. Les sources anciennes (Coran inclus, où le nom du Prophète n'apparaît que cinq fois) sont trop fragiles, lacunaires et contradictoires pour permettre une reconstruction chronologique fiable. Ce que l'historien peut affirmer avec certitude sur la vie de Mahomet « n'excède pas deux pages ».
À la place d'une vie reconstituée, Le Mahomet des historiens propose donc une archéologie des savoirs et des imaginaires. Le premier volume analyse la constitution de la vie de Mahomet en récit cohérent au VIIIe siècle sous les Abbassides. Le second suit la trajectoire planétaire de cette figure, dans différentes religions et cultures, du Moyen-Âge et du monde ottoman jusqu'aux débats contemporains (caricatures, hadiths, instrumentalisation politique).
C'est pourquoi Mohammad Ali Amir-Moezzi échangera avec Charles-Antoine Fogielman, enseignant en exégèse biblique au Collège des Bernardins. Ce débat mettra en lumière les points communs, mais aussi les différences entre domaine biblique et domaine coranique. La connaissance de ces enjeux est en effet un atout indispensable pour s'orienter dans le dialogue culturel et politique d'aujourd'hui, où Histoire, mythe et religion s'entremêlent parfois inextricablement.
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