A 09h00
Entrée libre sur inscription
Dans la plus grande partie du monde, respirer un air sain en ville ne va pas de soi. En Asie, ou en Afrique, la croissance des métropoles s’accompagne d’une aggravation continue de la pollution de l’air, au point de poser la question de l’habitabilité de certains territoires. Mais autant que les niveaux de contamination atteints, c’est parfois la faiblesse des réactions publiques qui interroge : dans les villes des Suds, la quête d’un air propre fait rarement figure de priorité pour les gouvernements urbains. Dans le « Nord global », à l’inverse, le chemin parcouru sur cette question peut être impressionnant. Mais, d’une part, la qualité de l’air reste généralement insatisfaisante au regard des normes de l’OMS, et d’autre part, cette politique publique semble rencontrer de nouvelles oppositions, à l’image de la difficile mise en place des zones à faible émission en Europe, ou de l’affaiblissement des standards aux Etats-Unis. La pollution atmosphérique a souvent été conçue par les décideurs publics comme un « problème d’ingénieur » (DuPuis, 2004), abordé par le prisme de mesures, de normes et d’améliorations techniques progressives. Pourtant, les sciences sociales (sociologie, géographie, sciences politiques, histoire…) ont montré que ce problème concentre en fait de nombreuses questions politiques essentielles, par exemple sur la production des savoirs et des non-savoirs, sur les arbitrages entre intérêts publics ou privés, sur les modèles de développement urbain et la gouvernance des grandes métropoles, ou encore sur les inégalités de santé en ville.
Organisé à l’occasion de la clôture du programme de recherche interdisciplinaire Globalsmog, ce colloque se propose de rassembler les travaux contemporains menés à partir de ces angles d’approche, à la fois au Nord et au Sud. Il poursuit la double ambition de dresser un état des lieux des savoirs des sciences sociales sur les politiques de l’air et de montrer comment cet enjeu contribue à éclairer des questions de recherche centrales sur les modes de gouvernement de la ville, de la santé et de l’environnement.
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