Voilà un bien étrange sextet qui entre sur scène. Le premier interprète semble mimer un hautboïste mais les sons – d’où sortent-ils ? – ressemblent plutôt à des gargouillis. Chacun entre, les uns après les autres. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ce qui semble au départ être une plaisanterie potache évolue, par le fait même de la répétition du motif et de ses déformations constantes, vers une performance musicale et chorégraphique impressionnante. Nous sommes transportés bientôt vers une dimension plus spirituelle. Les interprètes expérimentent le sentiment d’infinité : ce qui n’aurait ni commencement ni fin et qui se poursuit dans une boucle éternelle. Sur le principe des circles song, chacun propose un rythme, un son, un geste, qui nourrit l’énergie rythmique du groupe. En retour, l’énergie de l’ensemble porte chaque individu à moduler petit à petit ce qu’il fait. Dès lors, on assiste à une étude minutieuse de leurs interactions : comment jouer, transformer et changer l’espace par les mouvements et les voix ?
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