Un projet House on Fire, avec le soutien du Programme Culture de l'Union Européenne. En anglais surtitré. Sur une scène hésitant entre laboratoire improvisé et studio d'enregistrement rudimentaire, Kate McIntosh capte du son : objets épars, souffles, réactions de la salle. Ce faisant, elle adresse au public une série de questions - anodines pour commencer, puis intimes, voire troublantes - auxquelles on répondra par une action simple, et sonore (frapper dans les mains, taper du pied...). Chaque représentation livre ainsi une bande-son différente chaque soir, à la façon d'un autoportrait singulier. Une manipulation ludique portée par une interprète irrésistible — hôtesse attentive, maîtresse de cérémonie, philosophe enjouée — et une machiavélique dramaturgie. Et au fil de cette exploration théâtrale unique qui confine à la sociologie de terrain autant qu'à l'inventaire à la Prévert, chacun en vient à (se) poser ses propres questions : qui sont ces individus qui nous entourent ? Qu'avons-nous en commun ? Et que faire de nos différences ? À l'heure du profilage généralisé et du contrôle de masse, All Ears est un rappel salutaire : le théâtre reste cet endroit où des individus peuvent encore se rencontrer, se voir, et, au sens propre, s'entendre.
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