Hadjout, ex-Marengo, en Algérie, de nos jours. C'est la nuit. Dans la cour d'une ancienne maison abandonnée par ses propriétaires en 1962, une tombe, un citronnier, une très vieille femme algérienne et son fils Haroun. Autour d'eux des présences comme des fantômes, dont un pied-noir qui
pourrait être le double d'Haroun, beaucoup plus jeune. Haroun dit être le frère de la victime de Meursault et que cet « arabe » anonyme avait un nom, Moussa Ouled El-Assasse. Haroun raconte alors l'histoire de Moussa, tué par « un homme qui savait raconter », mais surtout la sienne, l'histoire de toute sa vie passée à se débarrasser du poids suffocant du cadavre de son frère sans nom, introuvable, dans l'Algérie post-indépendance. Haroun est, comme Meursault, un personnage que l'exigence de vérité rend définitivement étranger à la société au sein de laquelle il vit, mais aussi irréductiblement étranger à la résignation et à la fatalité. C'est l'histoire aussi de leur mère « toujours vivante » mais muette, ombre massive, présence discrète et constante, silhouette de vieille femme algérienne qui, soudain, se met à chanter son malheur, sa douleur et sa rage inassouvie. Leur mère qui n'a eu de cesse de vouloir honorer la mémoire de son fils assassiné et disparu, quitte à le venger en faisant reproduire à son autre fils en miroir le meurtre absurde, étranger, incompréhensible de Meursault. Meursault, contre-enquête qu'adapte aujourd'hui pour la scène Philippe Berling, est le premier roman de Kamel Daoud, essayiste et journaliste très connu en Algérie pour sa chronique quotidienne Raïna raïkoum (Mon opinion, votre opinion) dans Le Quotidien d'Oran. Daoud a eu l'idée géniale d'inventer un personnage prolongeant la victime anonyme de Meursault, pour écrire un hommage en forme de contrepoint au roman d'Albert Camus et, en même temps, un plaidoyer désespéré pour un sursaut algérien… pourrait être le double d'Haroun, beaucoup plus jeune. Haroun dit être le frère de la victime de Meursault et que cet « arabe » anonyme avait un nom, Moussa Ouled El-Assasse. Haroun raconte alors l'histoire de Moussa, tué par « un homme qui savait raconter », mais surtout la sienne, l'histoire de toute sa vie passée à se débarrasser du poids suffocant du cadavre de son frère sans nom, introuvable, dans l'Algérie post-indépendance. Haroun est, comme Meursault, un personnage que l'exigence de vérité rend définitivement étranger à la société au sein de laquelle il vit, mais aussi irréductiblement étranger à la résignation et à la fatalité. C'est l'histoire aussi de leur mère « toujours vivante » mais muette, ombre massive, présence discrète et constante, silhouette de vieille femme algérienne qui, soudain, se met à chanter son malheur, sa douleur et sa rage inassouvie. Leur mère qui n'a eu de cesse de vouloir honorer la mémoire de son fils assassiné et disparu, quitte à le venger en faisant reproduire à son autre fils en miroir le meurtre absurde, étranger, incompréhensible de Meursault. Meursault, contre-enquête qu'adapte aujourd'hui pour la scène Philippe Berling, est le premier roman de Kamel Daoud, essayiste et journaliste très connu en Algérie pour sa chronique quotidienne Raïna raïkoum (Mon opinion, votre opinion) dans Le Quotidien d'Oran. Daoud a eu l'idée géniale d'inventer un personnage prolongeant la victime anonyme de Meursault, pour écrire un hommage en forme de contrepoint au roman d'Albert Camus et, en même temps, un plaidoyer désespéré pour un sursaut algérien…
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