Il y a dix ans, Oncle Vania révélait Les Possédés. Aujourd’hui, le collectif, rejoint par l’actrice Emmanuelle Devos, ouvre un nouveau chantier Tchekhov. Platonov est un enjeu de taille pour le metteur en scène, Rodolphe Dana, un rêve de longue date. D’abord parce que, comme dans la vie, il ne s’y passe presque rien. Et aussi, parce que, comme dans la vie, Platonov est un chaos de non-dits, de sentiments qui étouffent ou qui explosent, de désirs inassouvis, d’échecs magnifiques, dont celui de changer le monde. Le personnage lui-même est immoral, imbibé la plupart du temps, en colère contre lui-même et contre la faune de petits-bourgeois provinciaux, banquiers, aristocrates sur le déclin, qui parasitent le domaine d’Anna Petrovna. Une veuve ruinée qui, comme les autres femmes, tente d’attraper Platonov qui ne dit jamais non. Insatisfait, velléitaire Platonov. Comme Hamlet, avec le drame pour seule issue.
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