De retour de la montagne, Alfred annonce à sa femme et à sa soeur qu’il renonce à achever son oeuvre philosophique sur « la responsabilité humaine » pour se consacrer à l’éducation de son fils handicapé, Eyolf. Mais l’inconcevable arrive : l’enfant meurt noyé sur la plage, « les yeux grands ouverts ». Avec lui, le projet de vie disparaît, les coeurs se brisent, côtoient la folie. Eyolf, gêne pour l’un, fantasme pour l’autre, prend par son absence possession de tous. La douleur libère les pulsions de peur, de honte, de haine. Comment survivre ?
Franco-norvégien, le metteur en scène Jonathan Châtel a traduit et resserré la pièce d’Ibsen lui donnant le naturel de la langue parlée. Il possède aussi l’intelligence du travail avec les acteurs, étonnamment proches. En accord avec la nature calme mais dangereuse qui a retenu l’enfant, leur jeu laisse sourdre la violence des paroles, l’effroi de l’événement et le besoin impérieux de réconfort. C’est le premier spectacle de cette jeune compagnie installée dans le nord de la France. On rêve déjà de voir le prochain.
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