Rêver Kaori Ito. Son pas suspendu de danseuse. La nuit de ses paupières. Sa silhouette de puma des neiges. Son enfance charpentée par le ballet auprès de maîtres japonais. Sa jeunesse au thé vert. Le New York où elle se nourrit, à 20 ans, de toutes les techniques de la danse. Rêver Kaori Ito, c’est ce que fait le chorégraphe français Aurélien Bory. Sa pièce s’appelle Plexus. Elle marquera.
Installation plastique, spectacle chorégraphique, Plexus est d’abord le portrait de Kaori Ito – croisée chez Alain Platel ou James Thiérrée. Mais plus qu’un portrait, il faudrait parler d’un paysage, tellement est vaste le territoire imaginé par Aurélien Bory pour la danseuse – et pour le regard du spectateur.
Au début silhouette fragile et coeur battant, Kaori se perd rapidement dans une forêt de lianes tendues, avalée par les ombres que sculpte la lumière, faisant littéralement corps avec le magnifique dispositif d’Aurélien : et dans ces étranges et hypnotiques épousailles entre l’interprète et l’espace qu’elle hante, c’est un monde qui se déploie sous nos yeux. Le monde intérieur et habituellement secret d’une vie consacrée à la danse, et dont Plexus nous ouvre, avec une pudeur exquise, la mémoire.
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