Trois amis, un chien et un bateau sur la Tamise : une aventure pleine d'humour d'après Jerome K. Jerome.
Nous étions trois hommes, ou trois mecs, qui travaillions trop, et un chien, ou un clébard, qui trouvait que nous ne le promenions pas assez. Nous avons donc décidé de partir deux semaines sur la Tamise, en bateau, pour nous reposer. Nous emportions une carte, des provisions, un banjo et l'assurance que tout rentrerait dans notre double-sculling skiff, ou "deux de couple", bref... un bateau.
Le linge a été lavé viteuf, les conserves ont résisté tant bien que mal, Château-Pétrus a voté contre le voyage et la pluie s'est mise à nous suivre avec une persévérance remarquable.
Nous voulions retrouver le goût des choses simples. Nous avons surtout découvert qu'elles demandent beaucoup d'organisation. Heureusement, nous étions trois amis : il y avait toujours quelqu'un pour ramer, quelqu'un pour donner un conseil, et quelqu'un pour expliquer pourquoi ce conseil ne pouvait pas fonctionner.
Je reviens de 1889, l'année où cette histoire fut publiée, pour rejoindre votre si sympathique actualité.
L'écriture de Jerome K. Jerome transforme les petits tracas en grandes aventures. Son narrateur observe ses propres travers avec un sérieux imperturbable, s'égare dans des digressions savoureuses et raconte les mésaventures les plus ordinaires comme si elles méritaient d'entrer dans l'Histoire. Sous l'ironie, il y a une vraie tendresse pour les personnages et le plaisir d'être ensemble.
La genèse du livre lui ressemble : Jerome voulait d'abord écrire une histoire de la Tamise, avec ses paysages et son passé, en y ajoutant quelques passages comiques. Mais l'humour a fini par prendre le dessus. Son éditeur a écarté une bonne partie des pages historiques et lui a demandé de trouver un meilleur titre. Jerome raconta qu'il n'avait trouvé Trois hommes dans un bateau qu'à mi-parcours. D'abord publié en feuilleton entre 1888 et 1889, le livre paraît en volume en 1889. Son succès fut tel que son éditeur, James Arrowsmith, aurait fini par plaisanter : "On dirait que le public mange les exemplaires." En 1909, plus de 200 000 copies avaient été vendues en Grande-Bretagne.
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