Vers un pays inconnu / Rencontre avec l’équipe de Ciné-Palestine
Vers un pays inconnu / de Mahdi Fleifel / 1h46 / France, Royaume-Uni, Grèce / Avec Mahmood Bakri, Aram Sabbah, Angeliki Papoulia, Mohammad Alsurafa, Munther…
Le Cratère, Toulouse — du 26 novembre au 8 décembre 2026Rencontre avec les cinéastes jeudi 26 novembre et vendredi 27 novembre, dans le cadre d’À propos d’elle(s), rencontres de cinéma au féminin.
À l’occasion de la sortie de leur dernier film, Les Recommencements, Le Cratère est heureux d’accueillir deux cinéastes qui lui sont chères.
Les cinéastes
Vivianne Perelmuter — Née à Rio de Janeiro, arrivée en Europe à l’âge de huit ans, elle étudie la philosophie et les sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles avant d’entrer à La Fémis. Cinéaste entre Bruxelles et Paris, elle circule librement entre documentaire, fiction, essai et installation. Le fonctionnement de la mémoire et le dépaysement du regard guident sa recherche de nouvelles formes narratives. Ses films, primés à plusieurs reprises, ont été montrés dans de nombreux festivals internationaux ; elle enseigne également le cinéma, notamment à l’Université de Corte.
Isabelle Ingold — Née en 1967 à Boulogne-Billancourt, diplômée de La Fémis en montage, elle mène de front deux vies de cinéma. Chef monteuse, elle collabore avec des réalisateurs aussi différents qu’Amos Gitai, Vincent Dieutre ou Vivianne Perelmuter, sur des films sélectionnés à Cannes, Venise, Berlin ou Sundance. Réalisatrice, elle met en lumière des destins ordinaires et souvent invisibilisés ; Des jours et des nuits sur l’aire lui a valu le Prix René Vautier. Elle enseigne à La Fémis et à l’Université de Corte.
Une œuvre attentive aux êtres et aux tourments du monde
Depuis trente ans, Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold élaborent une œuvre attentive à la fragilité des existences et à la manière dont le cinéma peut en restituer les traces et les témoignages. Leurs « personnages » vivent souvent sans ancrage durable dans diverses marges. On rencontre ces personnages dans le mouvement d’un monde qui agit sur eux, et c’est par la parole et le récit que les films produisent une forme résistance au chaos.
Ces films s’opposent à la précarité du monde : ils attestent, nomment, cadrent, écoutent, comme pour bâtir un socle sur lequel leurs « personnages » pourront se construire ou se reconstruire. Cette recherche repose sur un lien fort avec celles et ceux qui sont filmés : les cinéastes sont présentes dans l’intensité des images qu’elles produisent. Même si on ne les voit pas à l’écran, on les sent présentes et attentives, dans leur manière même de filmer. Des documentaires essais qui flirtent avec une forme de poésie du réel.
Parmi leurs films, nous proposons une sélection de six titres qui traversent trente ans de cette trajectoire.
Nord pour mémoire, avant de le perdre (1996)
Une place sur terre (2001)
Le Vertige des possibles (2014)
Des jours et des nuits sur l’aire (2016)
Ailleurs, partout (2020)
Les Recommencements (2025)
De la mine du Nord-Pas-de-Calais, au désert californien, d’une décennie à l’autre, ces films tissent un même fil : celui d’une mémoire qui résiste à l’effacement. En recueillant des voix souvent tenues à l’écart, Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold rappellent que filmer peut aussi être un lieu où se reconstruire.
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