Un thriller shakespearien qui historicise les inégalités de genre.
Le deuil sied à Électre est une réécriture moderne du mythe des Atrides : Agamemnon, Clytemnestre, Électre, Oreste. Eugene O'Neill déplace le mythe dans l'Amérique puritaine après la guerre de Sécession. Il remplace la mythologie grecque par la psychologie. Les dieux sont absents mais leurs ombres – la haine, la culpabilité, le destin – hantent toujours les lieux.
Écrite en 1931, transposée de l'Orestie d'Eschyle, la pièce se passe dans la maison familiale qui enferme petit à petit Électre dans la culpabilité et le silence. L'intrigue reste inchangée : Électre devenue Lavinia Mannon, fille d'un général, découvre que sa mère trompe son père et demande à son frère Orin (Oreste) de le venger. Les quatre personnages, interprétés par les quatre complices de toujours du metteur en scène (Virginie Colemyn, Julian Eggerick, Barbara Jung et Grégoire Monsaingeon), incarnent l'inconscient de la fatalité. Chez O'Neill, la psychologie a remplacé les dieux. Aimant jouer sur l'adresse et la mise en abyme de la représentation, Gwenaël Morin fait intervenir un cinquième comédien dans le rôle du narrateur, permettant à l'intrigue de respirer avec le temps présent.
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