Le corps disparaît, la parole demeure, adressée à lui, parole d'amour, de désir d'être entendue, comprise. La nécessité de l'autre, jusqu'au bout.
Winnie est enterrée au milieu d'une étendue d'herbe brûlée, au centre d'un petit mamelon aux pentes douces, d'abord jusqu'au-dessus de la taille, puis jusqu'au cou. Willie est allongé par terre, d'abord endormi. Sous la lumière aveuglante du soleil, Winnie fouille dans son sac, parle, s'affaire. Willie reste muet, répond, dort, est mort peut-être.
Winnie est déterminée à passer chaque jour une heureuse journée. Elle organise son bonheur et répète les gestes méthodiques et anodins d'un quotidien dont elle souligne chaque bribe de joie. Une mécanique absurde du quotidien. Chaque moment de vie aussi insignifiant soit-il est à vivre intensément dans le plus grand bonheur. Parce qu'il y a la vie tout simplement.
Le corps disparaît, la parole demeure, adressée à lui, Willie, parole d'amour et de désir d'être entendue, comprise, reconnue. La nécessité de l'autre, jusqu'au bout, jusqu'à la fin. Willie ne répond presque pas, mais c'est pour lui qu'on parle, c'est par lui que la parole survit.
"Pétillante, Sylvie Adjedj-Reiffers réussit le tour de force d'emmener le public au plus profond du texte. La qualité de la diction, des silences et du jeu prend ici tout son sens".
Sylvie Adjedj-Reiffers a interprété J'ai découvert la haine le jour de mes dix ans et Melle Camille Claudel, Festival Avignon Off 2018 à 2025.
0 Commentaire Soyez le premier à réagir