A 15h30
Capacité : 12 personnes, sur inscription. Aucune expérience préalable en son ou en enregistrement n’est requise. Langue : anglais Merci d’apporter un enregistreur audio et un casque si vous en disposez. Dans le cas contraire, merci de nous en informer.
Le festival ((((INTERFERENCE_S)))) _ festival de substrat sonore _ se fait l’étendard de recherches qui s’auto-différencient, s’auto-éditent - un festival de l’imprédictible, du décodage, porté par des artistes limier.e.s de réalités enfouies et de sonorités insoupçonnées.
Il se déploie dans les espaces du Centre via une anarkhè-exposition qui agrège des recherches-créations qui sondent les sonorités de l’installation visuelle aux créations radiophoniques, mais aussi le temps de manifestations nommées 'Journées d'Intercession'.
Ces journées proposent de prolonger les enjeux du festival en créant des moments de condensation : des instants où les œuvres cessent d’être des entités stabilisées pour s'activer et devenir des situations en devenir, des protocoles d’expérience, des écologies collectives.
Elles prennent place, elles occupent, elles débordent.
Ateliers, activations d'œuvres, œuvres collaboratives, propositions comestibles, performances, live, concerts.
Cet atelier envisage l’amplification non seulement comme un procédé technique, mais comme une stratégie d’attention et de décentrement perceptif, une manière d’entrer en friction avec l’écologie acoustique et la matérialité des appareillages sonores. Amplifier, c’est révéler autant qu’oblitérer : faire émerger certaines présences, en reléguer d’autres dans des zones d’indétermination. L’amplification agit ainsi comme une médiation instable, parfois dissidente, de ce que nous entendons — une opération de déplacement des seuils d’écoute.
Comment amplifier par l’attention elle-même, en déplaçant nos échelles sensibles, en modulant nos régimes d’écoute ?
Les participant·es seront introduit·es à des techniques de travail mobilisant des dispositifs accessibles et low-tech : microphones électret auto-construits, enregistreurs portables, systèmes de diffusion hi-fi — une petite lutherie technologique prête à être activée, détournée, mise en tension. Une session expérimentale, fondée sur la manipulation directe des instruments, sera consacrée à ce que l’on nomme communément des artefacts sonores — distorsions, souffles, larsens, turbulences, sons de contact et autres manifestations généralement assignées au statut d’interférence dans les pratiques d’enregistrement de terrain.
Ces phénomènes seront abordés non comme des résidus à corriger, mais comme une matière vibratile, susceptible d’être activée dans des gestes d’écoute, d’enregistrement et d’énonciation performative. Entre hasard et maîtrise, dérive et intention, les imperfections technologiques seront accueillies comme des forces opérantes, des agents de composition. Il s’agira de laisser les machines parler dans leurs ratés, leurs tremblements, leurs excès — de composer avec l’imprévisible et d’ouvrir des réponses immédiates, situées, sensibles au contexte.
La session se conclura par une intervention performative collective au sein de l’espace d’exposition — une mise en circulation des flux sonores, une activation des présences acoustiques, une tentative de faire affleurer le substrat sonore dans ce qu’il a de plus instable, de plus indiscipliné.
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