Le festival ((((INTERFERENCE_S)))) _ festival de substrat sonore _ se fait l’étendard de recherches qui s’auto-différencient, s’auto-éditent - un festival de l’imprédictible, du décodage, porté par des artistes limier.e.s de réalités enfouies et de sonorités insoupçonnées.
Il se déploie dans les espaces du Centre via une anarkhè-exposition qui agrège des recherches-créations qui sondent les sonorités de l’installation visuelle aux créations radiophoniques, mais aussi le temps de manifestations nommées 'Journées d'Intercession'.
Ces journées proposent de prolonger les enjeux du festival en créant des moments de condensation : des instants où les œuvres cessent d’être des entités stabilisées pour s'activer et devenir des situations en devenir, des protocoles d’expérience, des écologies collectives.
Elles prennent place, elles occupent, elles débordent.
Ateliers, activations d'œuvres, œuvres collaboratives, propositions comestibles, performances, live, concerts.
Fragments d’une mémoire en mouvement explore la mémoire comme un langage en circulation. À partir d’archives sonores et de voix collectées entre Bruxelles et Kinshasa, Simon Mahungu compose une polyphonie de fragments, de silences et de résonances. Le projet donne à entendre une poésie des mémoires en transformation, où langues, corps et imaginaires se traversent et se réécrivent.
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Fragments d’une mémoire en mouvement est un projet d’installation sonore qui interroge la circulation contemporaine des voix et des archives. Accueilli en résidence dans le cadre du programme INTERFERENCE_S initié par le Centre Wallonie-Bruxelles, en dialogue avec Archipel / Salé 2026, Simon Mahungu développe une recherche où la mémoire est envisagée comme un processus en transformation, toujours en train de se faire.
En collaboration avec le musée du Quai Branly – Jacques Chirac, il travaille à partir de collections sonores ethnographiques issues de contextes coloniaux. Ces archives sont mises en relation avec des sons du présent : fragments de paroles, nappes enregistrées entre Bruxelles et Kinshasa, voix en transit et sons produits au moment même de l’écoute.
En réunissant ces matériaux dans un même espace, l’artiste fait émerger des dialogues imprévisibles où la mémoire se recompose en temps réel, au contact du public. Son approche ne consiste pas à restituer le passé, mais à le traverser, à observer ce qu’il devient lorsqu’il circule entre différents corps, territoires et temporalités.
Cette démarche implique également une réflexion critique sur les conditions d’existence des archives : qui parle, qui écoute, et dans quel contexte. Le geste artistique vise à déplacer ces mémoires, à les libérer de toute assignation géographique, historique ou institutionnelle, afin d’en révéler la dimension vivante et relationnelle.
Au cœur de cette pratique, la poésie agit comme une méthode. Elle permet de relier les fragments, de faire apparaître les silences et les absences, et de transformer l’écoute en expérience sensible. Chaque son devient une matière en relation, contribuant à une écriture en mouvement.
Ancré dans une pensée postcoloniale, le projet affirme que les mémoires ne possèdent pas d’origine unique, mais se construisent dans la circulation et le dialogue. Entre Bruxelles et Kinshasa, entre archives coloniales et voix contemporaines, l’installation compose une polyphonie mouvante où se croisent récits visibles et invisibles, fragments manquants et présences fantomatiques.
Fragments d’une mémoire en mouvement propose ainsi une expérience sensorielle et réflexive où les archives deviennent des matières actives, capables de se transformer dans le présent et d’ouvrir de nouvelles façons d’habiter l’écoute.
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