Le festival ((((INTERFERENCE_S)))) _ festival de substrat sonore _ se fait l’étendard de recherches qui s’auto-différencient, s’auto-éditent - un festival de l’imprédictible, du décodage, porté par des artistes limier.e.s de réalités enfouies et de sonorités insoupçonnées.
Il se déploie dans les espaces du Centre via une anarkhè-exposition qui agrège des recherches-créations qui sondent les sonorités de l’installation visuelle aux créations radiophoniques, mais aussi le temps de manifestations nommées 'Journées d'Intercession'.
Ces journées proposent de prolonger les enjeux du festival en créant des moments de condensation : des instants où les œuvres cessent d’être des entités stabilisées pour s'activer et devenir des situations en devenir, des protocoles d’expérience, des écologies collectives.
Elles prennent place, elles occupent, elles débordent.
Ateliers, activations d'œuvres, œuvres collaboratives, propositions comestibles, performances, live, concerts.
Avec VVV (Variations Vociférantes Virales), Jérôme Grivel propose un projet à plusieurs volets intriqués, articulé autour des voix d’un groupe de personnes hétérogène. Lors d’un atelier participatif, après une initiation aux pratiques vocales étendues, les participants sont invités à interpréter, seuls ou en groupe, des consignes issues d’une partition ouverte, afin de faire émerger vocalement les états émotionnels et psychologiques qui les traversent (joie, peur, tristesse, frustration, colère, etc.).
À partir des enregistrements réalisés durant l’atelier, l’artiste compose une performance accompagnée de pièces sonores diffusées via des sculptures-enceintes portatives manipulées par des performeurs déambulant de l’intérieur de l’espace d’exposition vers la rue et les espaces adjacents. Se font alors entendre des manifestations vocales pouvant être perçues comme des protestations, des râles, des suppliques ou des clameurs. L’artiste incarne par ailleurs une position de soliste, interprétant une partition vocale construite en dialogue avec les pièces sonores issues des enregistrements.
--
VVV (Variations Vociférantes Virales) se déploie comme un dispositif performatif participatif et transdisciplinaire. Le projet prend appui sur un atelier vocal préalable réunissant un groupe de participants aux profils hétérogènes, invités à explorer des pratiques vocales étendues à partir d’une partition ouverte. Cette étape permet de générer une matière sonore collective fondée sur l’expression d’états émotionnels et psychologiques, sans hiérarchie ni codification stricte du langage.
Les enregistrements issus de cet atelier constituent ensuite la base d’une composition sonore diffusée au sein d’une performance publique. Celle-ci mobilise des sculptures-enceintes portatives, conçues comme des dispositifs de diffusion sonore autonomes, manipulés et portés par des performeurs en déambulation. Le parcours traverse les espaces intérieurs du lieu d’exposition pour se prolonger vers l’espace public, créant une porosité entre dedans et dehors, privé et collectif.
Parallèlement, l’artiste adopte une posture de soliste, interprétant en direct une partition vocale en interaction avec les matériaux sonores préenregistrés, dans un jeu de relations entre harmonie, contrepoint et dissonance. L’ensemble forme une composition vivante où les voix enregistrées et les voix en direct se superposent et se répondent.
À travers ce dispositif, Jérôme Grivel interroge la capacité de la voix à devenir un outil d’émancipation lorsqu’elle se libère des contraintes normatives du langage et se déploie dans l’espace public sous des formes exacerbées (cri, souffle, râle, sifflement, éructation). Le projet propose ainsi une reconsidération des manifestations vocales comme vecteurs de sens et d’expression, en mettant en jeu une expérience collective du sensible.
Loin d’une lecture négative ou réductrice de ces expressions, VVV explore leur potentiel d’adresse et de circulation entre les individus, favorisant l’émergence d’une empathie dynamique. Les voix deviennent alors des éléments relationnels capables de transformer l’espace en un lieu d’écoute partagée et d’interaction sensible, où les affects se propagent et se modulent au contact des autres.
0 Commentaire Soyez le premier à réagir